06/08/2026
Revoilà en cuisine Fabrizio Ferrara, le créateur du Caffè dei Cioppi, défunt microresto aux nombreux fans italianophiles. Dans un espace à sa mesure, avec toute la sobriété d’un bistrot soigné où l’assiette reste la star, son talent s’épanouit.
Après le pane fritto au jambon cru, crostini version cucina povera sicilienne, la salade de poulpe astucieusement mariée au riz noir et aux haricots verts croquants met mon palais au diapason. Le risotto à peine ferme, recouvert de truffes d’été, ondule à souhait : « all’onda », comme on dit ! La pasta est tout autant jubilatoire : dans mes paccheri alla Norma, les aubergines ne grasseyent pas, les tomates sont ensoleillées et la ricotta......
01/01/2026
Cette table italienne avance avec une élégance discrète, loin des effets de mode. La salle a du caractère, entre boiseries, parquet ancien, pierre apparente et chaises bistrot, dans une atmosphère chaleureuse et bien tenue. La cuisine suit le même cap, soignée, lisible, attentive à la saison : fleurs de courgettes frites à la ricotta et aux petits pois, spaghetti au ragoût de grondin correctement menés, même s'ils pourraient gagner en profondeur, puis un semifreddo à la camomille et abricots caramélisés, ample et gourmand. Le service, professionnel et fluide, accompagne une belle carte des vins, ouverte sur l'Italie comme sur la France. Une adresse sérieuse et sincère, dont l'accueil gagnerait encore à se détendre un peu.
18/07/2025
Figure de la cuisine italienne à Paris, le Sicilien Fabrizio Ferrara, passé jadis par le Relais Plaza d’Alain Ducasse, s’est installé il y a presque dix ans (l’an prochain !), dans un vieux bistrot de Faidherbe, qu’il a transformé en auberge lumineuse. À sa carte qui suit les saisons, des classiques soignés de toute la Botte (vitello tonnato, pâtes à la Norma, pannacotta), mais aussi des recettes qui sortent des sentiers battus (risotto citron, marjolaine et pecorino au poivre, raviolis à ricotta, moules et fleurs de courgette, soupe de melon et sorbet thym citron et miel). Sans oublier la terrasse !
01/02/2024
Fabrizio Ferrara? On a connu près du Faubourg Saint-Bernard, dans son Caffé dei Cioppi, ce Sicilien jadis formé à Milan chez Claudio Sadler, passé chez Alian Ducasse au Relais Plaza et chez Troisgros à Roanne. Depuis sept ans, il a fait son nid dans un bistrot français à l’ancienne – c’était le Vieux Chêne – qu’il revu en osteria authentique, mur en briques, tables de bois, sol en ciment, grand comptoir, comme on verrait entre Venise et Florence et qui fait aisément le coup du charme.
Un détail qui chagrine : les élégantes serviettes en tissu de jadis ont été remplacées par de méchantes serviettes en papier. Mais c’est un détail. L’essentiel : la grande carte des vins de toute l’Italie, racontée avec faconde par un sommelier aux faux airs de tonton flingueur, les vins au verre bien choisis, plus, bien sûr, des mets authentiques et un formidable menu du déjeuner qui change chaque midi en semaine et s’inscrit sur l’ardoise. Soupe de fèves seiches, croûtons de pain au levain et huile d’olive (une fringante réussite), jolie soupe de poisson du jour, solides fettuccine au ragoût de veau et à la tomate façon bolognaise améliorée et allégée, risotto au taleggio, roquette et noisettes grillées, ravioli à la farine de châtaigne farcis au fromage de Castelmagno, pommes de terre, artichauts et parmesan, fettuccine aux champignons et courge s’arrosent joliment, au verre, sans se ruiner, de blanc l’Archetipo, en Verdeca des Pouilles 2022 ou de rouge Sa Defensa, en Cannonau de Sardaigne 2021.
Les douceurs sont d’une finesse insigne, comme cette jolie panna cotta au voile de cacao et noisettes ou cette jolie glace à la réglisse, avec clémentines confites, crumble aux amandes. Une belle adresse!
24/05/2023
Sur la carte du Paritalien, il ne s’agirait pas que les petits nouveaux (Anna par exemple) fassent oublier les augustes anciens. Sans tambour, ni klaxon du Pont de la rivière Kwai monté sur une Alfa Roméo, Fabrizio Ferrara tient depuis 2016 son bistrot contemporano-tradi (parquet, suspensions en bois, brique grattée) d’une pâte de velours. Le chef sicilien continue de délivrer sa cuisine inspirée de son enfance dans l’agroturismo familial mais ici boostée au perfectionnisme du pro et aux produits sourcés avec un soin maniaque.
Sous une incongrue bande-son rockabilly (« wap do wap »), il nous le prouve ce soir-là, d’abord avec une aérienne foccacia et tronçons de maquereaux snackés sous un échevelé de blettes qui fait chérir l’amer. Puis avec un moelleux risotto à l’ortie et joues de lotte à la cuisson impériale. Les voisins semblaient se pâmer de spaghettoni aux sardines, pignons et raisins secs… Car la pasta, ici, c’est du sérieux. En dessert, on délaisse la possibilité d’une panna cotta au profit d’un démoniaque mariage chaud-froid entre mousse choco et glace au gianduja parsemée de grué de cacao.
La carte des vins fait la courte échelle aux propositions nature de la Botte : blanc sicilien bien minéral de Salvatore Marino (7 € le verre), Alter Alea de d’Andrea Occhipinti (52 €) ou nero d’avola de Sergio Drago (47 €). Les années passent mais l’Osteria Ferrara reste un grand moment d’Italie – et c’est encore mieux en terrasse.
01/07/2022
Pierres nues, mobilier de troquet chic, boiseries vernies, vaisselier à l’ancienne, appliques indus’… Sans folklore, la bistrattoria de Fabrizio Ferrara est l’enclave italienne parfaite pour se prendre un coup de Botte bienfaiteur ! Dans le menu, ce midi-là, tout avait un goût de reviens-y : délicats cromesquis au foie de volaille relevés par des pickles d’oignon ; délicieuse assiette de liguine aux œufs de poisson et safran ; avant un régressif gâteau aux pommes accompagné d’une crème au mascarpone. Mais la carte n’est pas en reste, avec par exemple une salade de poulpe, pressé de pommes de terre et orties, ou des raviolis ricotta-courgette dopés à la menthe et au canestrato poivré… Bravissimo ! // Ana Kirpad